Vidéoclips, courts-métrages, documentaire et série web : l'inspirant Charles-William De Melo

En ce frisquet mois de février, j’ai eu la chance d’interviewer un jeune homme talentueux, mais surtout visiblement passionné. Charles-William De Melo, à peine sorti des bancs d’école, a un parcours impressionnant, travaillant autant comme réalisateur, directeur artistique, et même producteur.

Courtoisie : Charles-William De Melo


Ayant démontré un intérêt pour l’univers visuel et artistique dès son plus jeune âge, Charles-William était captivé par les productions du Cirque du Soleil, Disney on ice, Casse-Noisette, bref, toutes les grandes productions. Revenu chez lui, il s’amusait alors à recréer artistiquement les spectacles auxquels il venait d’assister à sa manière et c’est de là qu’est, selon lui, partie sa flamme artistique : « Je ne faisais pas le spectacle pour jouer, mais bien pour refaire les décors ou la mécanique du sapin qui grandit, par exemple. J’étais dans la direction artistique avant même que je sache que je faisais de la direction artistique ! ».


C’est un peu plus tard qu’il a eu sa première caméra de la part de ses parents. Avec l’aide de ses deux petites voisines, qu’il appelle affectueusement ses petites marionnettes, il part à la conquête de son quartier pour créer des films. De fil en aiguille, alors que les vidéos en stop motion commençaient à devenir populaires, il en a créé environ 25 en deux ans, essayant de nouvelles techniques et nouveaux concepts à chaque fois. Alors qu’il était dans un camp de vacances, à cette époque, sa mère le contacte en lui disant que l’un de ses films était passé à Salut Bonjour. Il avait alors 12 ans : « C’est à partir de ce moment-là que j’ai décidé de prendre tous les chemins possibles pour débuter une carrière artistique ».


Après avoir fait un programme d’Arts et multimédia au secondaire, il s’est dirigé vers le Conservatoire Lassalle, qui a d’ailleurs fermé ses portes à sa dernière année de DEC. Sur place, il a eu la chance de faire deux courts-métrages. Il en a ensuite envoyé un à l’UQAM afin d’entrer au très contingenté Baccalauréat en communication (création médias - cinéma), où il a été admis. Son parcours universitaire a été un brin chamboulé, lorsque, ayant une forte demande, il décida de prendre une année sabbatique afin de travailler sur plusieurs projets de vidéoclips. Il a donc fait neuf clips en un an et demi, tout en réalisant un documentaire. Il a officiellement terminé son Baccalauréat à l’hiver 2020, dans lequel il a eu la chance de créer six projets de trois à douze minutes : « Ça m’a permis d’acquérir énormément de compétences entre autres pour faire mes clips. Mes clips que d’ailleurs j'autoproduis moi-même ! »


Des vidéoclips à n’en plus finir


Ce sont les artistes qui sont venus à Charles-William. Étant extrêmement polyvalent et afin d’assurer un minimum de coûts, il a décidé d’autoproduire la majorité des clips sur lesquels il a travaillé. Ayant déjà une bonne base, il a continué d’apprendre vidéoclip après vidéoclip et il est aujourd’hui très fier de son parcours. C’est l’artiste issue de La Voix, Lili-Ann De Francesco, qui lui a donné sa première chance, en lui demandant de réaliser le clip de sa chanson Au travers les ombres : « En plus sa chanson est tellement cool ! Elle est pop et hyper entrainante et on a fait quelque chose qui sortait des sentiers battus, un peu avant-gardiste ! C’était très trendy et on s’est inspiré de Fauve, un court-métrage qui est allé aux Oscars. Donc on a un peu recréé cet univers-là pour son clip. Ça a marché au boute, j’ai passé pour une deuxième fois à Salut Bonjour et dans plusieurs autres médias ! »

Voici le vidéoclip de la chanson Au travers des ombres de Lili-Ann De Francesco, produit et réalisé par Charles-William


Un conseil primordial donné par Charles-William est de ne pas attendre après les projets : « J’aurais pu attendre que les projets viennent à moi. J’aurais aussi pu leur dire que je n’avais pas de boite de production et d’aller en trouver une. Ça aurait pu les décourager et ils seraient allés travailler sans moi avec la boîte de prod, qui a déjà des réalisateurs. Ce qui fait que je suis parmi les étudiants qui travaillent le plus, c’est que je n’ai pas attendu qu’un producteur vienne, j’ai décidé d’être le producteur en plus du réalisateur ! Je gérais le budget et j’avais plus de responsabilités, mais c’est ce qui m’a permis de ne pas attendre après les autres et de tout savoir faire par moi-même. »


Ce qui le motive le plus dans sa profession se trouve dans les émotions qu’il arrive à faire vivre aux gens grâce à ses projets : « Recevoir des commentaires des gens qui me disent ‘’ j’ai voyagé par ton projet. J’ai écouté ton clip et j’étais ailleurs. ’’ Surtout mon premier clip; on est allé tourner dans un désert d’argile et on dirait qu’on est sur mars, mais non on est à trois heures d’ici ! C’est vraiment d’emmener des gens dans un nouvel univers et de les faire voyager pendant trois minutes. Je veux vraiment faire vivre des émotions comme les montagnes russes ! »


Une question que plusieurs se posent : comment arriver à trouver les images parfaites en entendant une chanson : « Il y en a qui voient des couleurs en entendant une mélodie, et bien moi, le son me fait voir des images dans ma tête. La première fois que j’ai entendu Au travers des ombres de Lili-Ann, avec le petit son au début, j’avais déjà un plan artistique en tête. Le ressentiment que j’ai, je veux le transmettre en images. » Il explique ensuite que les artistes vont souvent donner carte blanche, ce qui est d’ailleurs le cas d’Alicia Moffet avec sa chanson Beautiful Scar. Charles-William a d’ailleurs également réalisé des vidéoclips pour Brittany Kennel, Léa Jarry et Phil G. Smith.

Voici le vidéoclip de Beautiful Scar d’Alicia Moffet, produit et réalisé par Charles-William.


L’envie d’être artiste : Un documentaire pour inspirer les jeunes


Comme il a été mentionné brièvement plus tôt, celui-ci a également réalisé et produit un documentaire portant sur l’artiste peintre et amie de Charles-William, Annabelle Marquis nommé L’envie d’être artiste. Il a foncé tête première dans ce projet, même si un professeur lui avait jadis affirmé qu’il ne serait jamais capable de faire de documentaire. C’est par un beau hasard que les deux artistes se sont rencontrés dans un café et sont tout de suite devenus amis : « J’arrive chez elle, on jase et elle me montre ce qu’elle fait. Quand je vois ce qu’elle peint, je tombe en bas de ma chaise ! C’était tellement beau, vibrant et plein de couleurs ! Ça m’a exactement fait ce que moi je veux faire avec mes films : aller toucher les gens. Ses couleurs étaient tellement vibrantes que c’était instantané, c’est venu me chercher. » C’est donc à partir de ce moment que leur collaboration a débuté.

Courtoisie : Charles-William De Melo


Le tournage du documentaire a duré un an jour pour jour. Une expérience haute en couleur et en voyages, puisqu’il s’est étendu de Baie-Saint-Paul à Paris ! Le documentaire, qui a pour but d’inspirer les jeunes, parle de la vie d’artiste, à travers Annabelle, mais également à travers le réalisateur. Ils y expliquent l’envie de devenir artiste, pourquoi devenir artiste, etc. C’est donc un réalisateur et une artiste qui se rencontrent et parlent, à travers leurs médiums respectifs, de c’est quoi devenir un artiste : « Comme quoi, le talent n’existe pas et c’est vraiment les efforts que tu y mets à tous les jours qui te rendent talentueux. » Alors que la projection a dû être annulée en raison de l’arrivée de la pandémie, le documentaire est actuellement envoyé dans plusieurs festivals tels que le FIFA, Festival International du Film sur l'Art et a déjà remporté un prix canadien. Depuis ce temps, ils se considèrent comme de meilleurs amis avec 20 années de différence. Le documentaire est d'ailleurs disponible depuis ce mercredi, 17 février 2021.

Voici le documentaire L’envie d’être artiste de Charles-William de Melo.


Des courts-métrages plein la tête !


Mais ce n’est pas tout, comme il a été mentionné plus tôt, Charles-William a également fait plusieurs courts-métrages tout au long de son parcours scolaire. Il a tout d’abord fait deux premières fictions au Cégep, qui étaient entièrement faites de ses propres mains. L’un était une adaptation littéraire, et se nommait « Un petit pas pour l’homme ». Il a d’ailleurs gagné le Grand prix du jury à l’Intercollégial de cinéma du Québec. Ensuite, arrivé à l’UQAM : « de plus en plus j’ai accepté ma sexualité, et de plus en plus j’ai décidé de faire des films parlant de ça ! Donc un film qui parlait d’un père qui veut enseigner à son fils qu’il y a une hétéronormativité et là ils vont au restaurant et rencontrent un gay que le père pointe du doigt et il se révolte… et ensuite j’ai fait une autre court-métrage sur deux gays qui s'aiment, mais qui n’ont pas un bon timming. Ces courts-métrages-là n’ont jamais été publiés. Je crois qu’ils sont trop reliés à moi et à mon cœur. »


Il a ensuite réalisé un nouveau film sur un sujet encore plus relié à lui, puisqu’il s’agit d’un trouble touchant une personne proche à lui : le trouble de la personnalité borderline. Pour sa sortie, il a d’ailleurs été projeté chez Sid Lee, en haut de la Place Ville-Marie. Environ 250 personnes se sont déplacées pour assister au lancement, juste avant l’arrivée de la pandémie. Ce dernier court-métrage, nommé Ça me fait penser à toi, n’a pas encore été publié, puisque Charles-William travaille présentement sur une version Director Cut qu’il publiera prochainement.

Voici la bande-annonce de Ça me fait penser à toi.


Adaptation télévisuelle d’un roman québécois : un projet à surveiller de près


Comme s’il n’était pas assez polyvalent, Charles-William travaille présentement sur l’adaptation d’un roman chouchou des Québécois, de pair avec la talentueuse auteure à succès Marie-Christine Chartier. Cette dernière est l’écrivaine des romans Le sommeil des loutres, Tout comme les tortues et L'allégorie des truites arc-en-ciel, tous publiés chez Hurtubise.


Appliquant sa technique de ne pas attendre avec les projets, il a lui-même contacté l’auteure après avoir lu et grandement apprécié l’un de ses livres. À ce moment, l’idée de créer un projet télévisuel n’était cependant pas dans les plans de Marie-Christine Chartier. Quelques années plus tard, après avoir terminé la majorité de ses projets et voulant continuer son cheminement en fiction, Charles-William décide de relancer l’auteure. Celle-ci, finalement intéressée, lui propose de lancer l’idée à sa maison d’édition, qui a tout de suite été charmée par l’idée : « la condition était que je travaille étroitement avec Marie-Christine pour développer l’entièreté du projet. Donc on est actuellement en développement d’une série web depuis mars et on en est à la troisième version du scénario. C’est long, ça peut prendre jusqu’à trois ans pour développer une série, et même plus ! ». Lequel des magnifiques romans de Marie-Christine Chartier est-il question ? Il s’agit d’une réponse que seul l’avenir nous révélera. Mais soyez certains que le Magazine ÉMERGE garde l'œil ouvert et vous l'annoncera certainement dès que ce sera officiel !


Bref, le parcours inspirant de Charles-William De Melo a de quoi faire rêver les réalisateurs émergents de ce monde ! Il s’agit d’une magnifique preuve qu’être polyvalent et proactif peut apporter un grand nombre d’opportunités incroyables et qu’il ne faut pas avoir peur de dépasser nos limites afin d’atteindre nos rêves et nos objectifs.


Pour avoir plus d'informations sur les projets de Charles-William De Melo ou pour le contacter, rendez-vous sur son site Internet !



Photo prise sur le tournage du vidéoclip de la chanson Au travers les ombres de Lili-Ann De Francesco. Courtoisie : Charles-William De Melo


283 vues0 commentaire

ÇA COMMENCE ICI.

HERE IT BEGINS.

ES BEGINNT HIER.

COMIENZA AQUÍ.

从这里开始。

Contact

101 rue Murray, unité 1708

Montréal, Qc. H3C 0T4
festival.emergence@outlook.com
Tel: 438-349-6487

© 2020 Tous droits réservés - Festival Émergence