SÉRIE - ENTREVUE AVEC LES LAURÉATS 2021 : Alexandra Sabourain

La deuxième édition du Festival Émergence, qui s'est tenue du 15 au 18 avril dernier, a donné lieu au couronnement de plusieurs films, tous réalisés par de jeunes cinéastes québécois.es talentueux.ses. Les films étaient divisés par catégories, allant de la fiction à l'expérimental, en passant par l’animation et le documentaire. C’est pourquoi, au cours des prochains mois, nous vous présenterons chacun.e de ces cinéastes, afin de vous permettre de les découvrir et de les apprécier autant que nous.

Alexandra Sabourain, lauréate dans la catégorie Meilleur court-métrage expérimental. Source de la photo : Festival Émergence


Lauréate dans la catégorie Meilleur court-métrage expérimental grâce à son film Caged Shadow, qui marie parfaitement les arts du cinéma et de la danse, Alexandra Sabourain est une jeune réalisatrice passionnée qui gagne à être connue. Dès le primaire, cette dernière a étudié dans une école artistique, et ce, jusqu’au milieu de son secondaire. Ayant touché au violon, au chant et à l’art dramatique, elle a ensuite été admise dans un programme de sport-études, où elle s’est spécialisée en danse. C’est au Cégep que le cinéma est entré dans sa vie, plus précisément au DEC en Cinéma et communication : « C’est là que j’ai découvert que j’aimais vraiment incorporer la danse et le cinéma. D’ailleurs, c’est à ma deuxième année que j’ai réalisé Caged Shadow, qui était mon projet de graduation. »


Court-métrage captivant, voici l’explication de Caged Shadow par sa créatrice : « Je voulais représenter l’idée d’un oiseau en cage, dont la porte est ouverte, mais qui ne s’envole pas. J’ai donc utilisé les ombres, la chorégraphie et le son. C’est assez abstrait. J’ai aussi joué avec les sons. Parfois, on entendait de la musique et des sons, et parfois, plus rien. » Celle qui enseigne la danse depuis déjà quelques années a d’ailleurs elle-même interprété la danse que l’on peut admirer dans son court-métrage. Ayant préparé au préalable quelques phrases de chorégraphies, c’est-à-dire des enchaînements de mouvements, Alexandra s’est permise d’improviser, ce qui a donné un magnifique résultat.

Source de la photo: Courtoisie d’Alexandra Sabourain


Cela faisait environ deux ans qu’Alexandra avait l’idée en tête d’un film représentant un oiseau en cage. Elle savait également qu’elle voulait la représenter avec de la danse, mais il restait à trouver comment : « Au début, je pensais le faire avec sept danseuses et d’être dans une pièce blanche, avec des mouvements de caméra très différents du film actuel. Mais nous étions en mars et la COVID-19 est arrivée ! Nous étions donc contraints de faire notre projet final chez nous, alors il fallait tout repenser. Étant en quarantaine, on fait de l’introspection et on a le temps de réfléchir et je me dis que juste ici, j’ai un mur complet avec une fenêtre. Et avec mes stores, ça fait des barres sur le mur. Donc c’est là que j’ai pensé à utiliser les ombres. »


Travailler avec les ombres a d’ailleurs été un défi de taille, puisqu’on ne contrôle pas la météo : « Il fallait que je note le temps sur une feuille. J’ai filmé dans deux pièces différentes, dont une où j’avais assez de temps, mais dans l’autre je n’avais que 15 minutes par jour ! » Il faut dire que le jeu en valait la chandelle, car cela lui a permis d’utiliser la lumière naturelle, et c’est selon elle ce qui donne le plus beau résultat visuellement.

Source de la photo: Courtoisie d’Alexandra Sabourain


Selon elle, le principal défi de faire du cinéma expérimental est de réussir à ne pas s’éparpiller : « On peut faire tellement de choses en cinéma expérimental. Ça peut être difficile de garder l’essence ou l’idée générale que tu avais au début. Il y a également le défi de jouer avec les éléments techniques, car en cinéma expérimental, tu veux vraiment que le visuel et le son soient intéressants et captivants pour la personne qui regarde. »


Ce qui l’attend dans les prochaines années ? Alexandra déménagera à Toronto dès septembre prochain, car elle entame des études universitaires à la Ryerson University, dans un programme de danse reconnu mondialement. Pour ce qui est du cinéma, elle aimerait continuer à faire des projets dans le même style que Caged Shadow. Elle sait d’ailleurs que sa future université a un excellent programme en cinéma, et aimerait collaborer avec celui-ci afin d’avoir la possibilité de réaliser de nouveaux films.


Si vous désirez la contacter, voici un lien vers son profil Instagram : https://www.instagram.com/alexandrasabb/?hl=fr-ca

Vous pouvez également écouter Caged Shadow juste ici : https://vimeo.com/418586022


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