LES TOURNAGES VS LES CONDITIONS EXTRÊMES

une entrevue avec la comédienne Sara Montpetit

par Luka Provost

Source: La Presse


Luka: Sara, tu as tourné le film Maria Chapdelaine en hiver puis en été. Comment c’était de pouvoir vivre ces deux expériences et quelles étaient les différences marquantes pour les scènes en extérieur? Il faisait chaud dans la maison des Chapdelaine?


Sara: C’était en deux blocs. Un premier bloc hiver( février-mars 2020) et le bloc été (août). Ce qui est particulier, c’est que la COVID est arrivée au Québec lors de nos deux derniers jours en tournages en hiver. J’ai donc pu vivre les deux expériences. Pendant la haute saison, il faisait extrêmement froid. L’équipe technique devait rester dehors et elle était très courageuse, vu le temps qu’il faisait! C’était très particulier. Nous avons pu tourner des scènes en intérieur aussi, ce qui montrait bien l’esprit familial.

Puis pour le bloc été, la COVID et les mesures sanitaires étaient bien installées. J’ai d’ailleurs dû laisser mon personnage de côté pendant plusieurs mois, alors après cette pause de 4 mois, j’étais heureuse de retrouver Maria. Mais ça fonctionnait bien avec l’évolution psychologique du personnage, car elle est très différente en été VS en hiver, et comme nous toustes, elle s’adapte au gré des saisons.


L: Et comment c’était les scènes dans la forêt? Été comme hiver?


S: Il y avait énormément de moustiques. L’équipe me couvrait de filets pour ne pas qu’ils m’attaquent et me piquent. Il y a une scène en particulier, dans laquelle Maria regarde les hommes travailler au loin. Et lors de plusieurs prises, j’avais des moustiques qui entraient dans mes narines. C’était tout qu’un défi!

L’hiver, on tournait des scènes, comme la toute première du film ; en carriole, dans un village qui imite l’époque, au Saguenay. Il y avait beaucoup de neige, mais on était habillés de plusieurs couches. On s’en sortait bien, malgré les froids intenses.

Source: La Presse


L: Comment c’était de tourner des scènes familiales avec les autres comédien.ne.s, en temps de pandémie? Comment créer une relation de complicité avec les autres acteurs et actrices qui composent votre famille fictive?


S: C’est vrai que ça nous empêchait un peu, vu les règles sanitaires. Mais dans le récit, il faut se rappeler que les gens, à l’époque, avaient une certaine étiquette. Ils ne se touchaient pas comme n