Le Québec et l’univers animé: une longue histoire de succès!

Cette année, le Festival Émergence a ajouté une nouvelle catégorie à son arc: la catégorie ANIMATION. C’est une catégorie primordiale pour tous les Festivals de Film au Québec, car les québécois excellent dans ce domaine. En effet, le Québec et ses réalisateurs connaissent un très grand succès et on tenait à souligner l’esprit créatif d’ici. On vous propose une courte histoire du cinéma d’animation québécois, question de faire prémisse à notre nouvelle catégorie que vous allez pouvoir visionner très bientôt.


Le cinéma d’animation existe au Canada depuis un peu plus de 80 ans. L’Office National du Film (l’ONF) a été créé en 1939 par un certain John Grierson, qui fut invité personnellement par le premier ministre canadien de l’époque, William Lyon Mackenzie King, pour étudier le cinéma canadien. Une section animation fut créée à l’intérieur de cette organisation. Le chargé de cause, Norman McLaren, invité directement par son créateur John Grierson, fut engagé pour inciter les gens à participer à l’effort de guerre de la Deuxième Guerre mondiale à l’aide de courts messages animés. Le pionnier de l’animation au Canada remportera, une vingtaine d’années plus tard, un Oscar pour le meilleur court métrage d’animation pour son œuvre Neighbours (1955), où il souhaite la paix, en plein milieu de la Guerre Froide. Il recevra le Chevalier de l’Ordre national du Québec en 1985, pour avoir fait rayonner le Québec à l’international.


Le talentueux Frédéric Back a été une figure importante du cinéma d’animation québécois. D’origine allemande, il émigre à Montréal de France en 1948. il travaillera pour Radio-Canada dans le studio des arts graphiques jusqu’à ce que la société d’État ouvre son propre studio d’animation en 1968, pour lequel il réalisera des courts-métrages animés jusqu’à sa fermeture une vingtaine d’années plus tard. Malgré son étroite collaboration avec la chaîne télévisée, il a toujours eu une totale liberté artistique sur ses travaux. Ses films Crac (1982) et L’Homme qui plantait des arbres (1987) remportent tous les deux un Oscar pour le meilleur court métrage d’animation. Dans la réalisation de ses 10 courts-métrages, il a toujours essayé de donner une certaine conscience écologique à ses œuvres, étant lui-même activiste pour cette cause. Encore à ce jour, la plupart des films de ce génie sont encore étudiés dans les écoles d’arts et les universités.

Extrait de Crac! (1982), directeur: Frédéric Back


C’est en 2013 que le premier film d’animation 100% québécois voit le jour grâce à la boîte de production 10e Ave: La Légende de Sarila. Ce film prendra 13 mois à prendre vie, avec un budget de 8,5 M$, des fonds qui sont uniquement d’origine canadienne. Il sera aussi sélectionné dans les 19 derniers films sélectionnés comme meilleur film d’animation aux Oscars de la même année. Malheureusement, le long-métrage n’a pas fait la sélection officielle. Depuis, la compagnie fondée par Nancy Florence Savard a produit 3 autres longs métrages animés dont Félix et le Trésor de Morgäa, qui est à l’affiche depuis la réouverture des cinémas à la fin du mois de février. Ce film a été un moyen pour les familles de renouer avec les salles obscures, qui étaient fermées depuis le mois d’octobre 2020, en plus d’encourager des talents locaux. 10e Ave s’engage à mettre en lumière les talents québécois à travers le monde.


Sur une tout autre ordre d’idée, le long-métrage animé Ville Neuve, réalisé par Félix Dufour-Laperrière et sorti en 2018, en est un beaucoup plus dramatique et qui ne s’adresse pas à un public plus jeune. Le film composé de 80 000 dessins a reçu plusieurs nominations dans divers festivals de films, dont le Festival du Nouveau Cinéma, basé à Montréal et a fait ses débuts au festival de film de Venise, en Italie. Cette œuvre est la preuve tangible que le cinéma d’animation ne s'adresse pas uniquement aux enfants, mais qu’il peut aussi plaire à un public de tous âges. Dufour-Laperrière est un cinéaste québécois se spécialisant dans l’animation, qui est présentement dans le processus de création de son troisième long-métrage animé, La Mort N'Existe Pas.

Affiche de Ville Neuve, prise sur le site d’Unité Centrale


Le Québec restera toujours un joueur fort dans la marché international du cinéma d’animation. C’est en encourageant la relève d’ici que nous réussirons à faire des films qui rayonnent à l’international.

Voici les films que vous allez pouvoir visionner du 15 au 18 avril prochain dans la catégorie ANIMATION:

J’aurais dû être un cercle, Nicolas Bellemare

Au travers d’une animation hypnotisante, Nicolas Bellemare invite le spectateur à découvrir le portrait obscur d’une femme qui vit avec le regret de ne pas avoir été un cercle.


Le Flambeau, Charles Bibeau-Jubinville, Marc-Antoine Déziel, Tina Shan Dufour, Zachary Jose, Ariane Paquette, Billy Paul-Desmarais, Max Spiegel et Ariane Tremblay-Lecomte

Cette équipe de jeunes animateurs a su charmer le comité de sélection avec un film touchant à propos d’une vie changée à jamais.


Mal de chien, Ann-Sophie Fournier, John Harbour et Roxane Tremblay

Ce court-métrage dessinera certainement un sourire aux lèvres du public grâce à la relation d’un chien plutôt débrouillard avec son maître.


En espérant que vous apprécierez les animations autant que nous.

Bonne écoute!

Source des photos :

https://www.cinematheque.qc.ca/fr/cinematheque/50ans

https://montrealcampus.ca/2020/02/09/une-image-vaut-mille-mots-le-cinema-danimation-au-quebec/

https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/cinema-danimation

https://www.erudit.org/fr/revues/as/2007-v31-n1-as1760/016004ar/

https://www.erudit.org/fr/revues/nvcq/2019-n20-nvcq05278/1069291ar/

https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/frederic-back


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