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Le FEM en France: Suivez-nous au Festival du court métrage de Clermont-Ferrand

Dernière mise à jour : 15 févr. 2023


Crédit photo : Gabriel Sabourin


C’est via un lien zoom que je rencontre mon collègue Gabriel, qui a le visage au soleil et le sourire aux lèvres.

En direct de son écran d’ordinateur, il est présentement posé en Belgique, après avoir vécu la 45ème édition du Festival du Court Métrage à Clermont Ferrand, en France.


« C’est le plus gros festival de courts métrages au monde. Quand j’ai vu que ça avait lieu dans les dates de mon voyage en France, je me suis dit : ça va être insane. »


Directeur des finances au FEM, Gabriel a étudié en Art et technologie des médias à Jonquière. Il travaille aujourd’hui en télévision comme coordonnateur et se décrit comme un fan de cinéma, de courts métrages surtout. Il ne manque pas un des festivals de cinéma à Montréal, rejoignant également les rangs du jury public du festival longue vue sur le court depuis deux ans.


Et comme de fait, c’est avec passion qu’il me raconte sa récente expérience.


« J’ai vraiment beaucoup aimé ça. Il y avait d’excellents courts métrages. C’était vraiment cool, les compétitions officielles sont la nationale (les films français), la compétition internationale et la compétition Labo (qui s’apparente à notre compétition expérimentale [au FEM] si on veut). J’essayais d’aller voir deux ou trois programmes par jour, une conférence (souvent sur l’environnement) et un ou deux pitchs de films au marché du film, ce qui était toujours très intéressant. »


Chaque année à Clermont-Ferrand, un pays est invité pour un focus qui lui est consacré. Taïwan fut le pays d’honneur en 2023. Plusieurs programmes hors-compétition constituent le festival, dont, entre autres, les programmes Décibels!, Regards d’Afrique, Films en Région, ainsi que la rétrospective thématique.

Source Photo : Festival du court métrage de Clermont-Ferrand

Gabriel me parle d’ailleurs de cette dernière : « Je suis aussi beaucoup allé voir la programmation libido, c’était leur thématique cette année. Il y avait cinq programmes libido qui commençaient chacun par le même court métrage mettant en scène une Américaine qui se retient de jouir en lisant un livre, présenté de manière très sobre. J’ai trouvé ça fou. »


Les films sont projetés dans quelque 15 salles réparties dans la ville, ainsi qu’en ligne pour tout festivaliers et festivalières. Chaque programme passe une fois par jour tout le long du festival, et une salle est dédiée à une séance de questions avec les cinéastes.





Le fameux Marché du Film Court débute un peu après les projections du festival et s’étale sur cinq jours. Une trentaine de pays étant présents, cet événement est reconnu comme étant le rendez-vous pour les actant.e.s de toutes les catégories professionnelles du secteur.

« Ce sont des gens de partout dans le monde, alors ça parle beaucoup anglais, mais au festival tous les courts métrages sont sous-titrés en français », affirme mon collègue. « Dans le marché du film, il y a des conférences, des masters class, des maisons de diffusions qu’on peut aller rencontrer, des activités de réseautage… », me confie Gabriel. « Il y a plein de festivals de premier plan. La SODEC avait son petit stand. »


Short Film Conference donnée sur le développement durable en festivals, crédit photo : Camille Dampierre


Assister à un événement d’une telle envergure en tant que représentant du Festival Émergence, qu’est-ce que ça signifie?


« J’ai eu une rencontre avec Camille et Fred, [Camille Felton, cofondatrice et Frédéricke Buri, directrice générale du FEM] puisque j’ai pu voir ce à quoi ressemble un plus gros festival, et un festival européen aussi. On voit des trucs qui sont complètement différents ; on a donc dressé une liste d’une dizaine d’éléments dont on pourrait s’inspirer pour notre festival, à essayer cette année, ou dans le futur. C’était très intéressant, un peu comme une étude de marché. »


Au fil de notre rencontre, Gabriel me parle beaucoup des séances d’éducation auxquelles il a assisté visant à rendre les festivals plus écologiques.


« On a maintenant signé la Green Charter for Film Festivals, pour s’engager à être plus vert, plus écoresponsable l’an prochain et les années à venir. »


Lorsque je lui demande des exemples d’actions et de changements que ça implique, il m’en nomme quelques-uns , tels qu’ « éviter les catalogues et les programmes imprimés, un peu comme on faisait déjà l’année dernière. Donc avoir des codes QR, pour que les gens puissent les retrouver en ligne, mais aussi les imprimer sur du papier recyclé [lesdits codes QR]… »


Il souligne également qu’il faudrait « toujours privilégier les options végétariennes ou véganes, ou même avoir complètement un menu sans viande, c’est meilleur aussi… Promouvoir les transports en commun en indiquant les stations de métro pas loin de nos événements… et continuer de faire plus de recyclage et de compostage, et d’éviter le gaspillage l’an prochain. Pour le reste, on pourra payer le CO2 utilisé [selon la loi sur la tarification de la pollution causée par les gaz à effet de serre] pour lutter contre les changements climatiques. »


J’en profite ensuite pour demander à Gabriel s’il a remarqué beaucoup de différences dans les thèmes, le fond et la forme des courts nationaux comparativement à ceux du Québec.


« On retrouve rarement des comédies dans les courts métrages, en tout cas au Québec. J’ai trouvé qu’il y en avait plus que ce à quoi je m’attendais. Bien sûr ça restait quand même minoritaire, mais ça fait toujours du bien les comédies. »


Après un instant, il poursuit : « Le film le plus primé faisait beaucoup rire les gens dans la salle, moi je trouvais ça un peu triste, c’était un film sur un problème de santé mentale, un choc post-traumatique, mais oui en même temps… je comprenais que c’était quand même drôle. Il a remporté trois prix. »


Comme quoi on vit tous différemment les films en tant que public. Somme toute, il note observer « beaucoup de diversité au niveau des thèmes et des cinéastes sélectionné.e.s. »


Un moment qui a ému notre directeur des finances fut un discours en particulier lors de la remise de prix des partenaires. Il se prononce sur le sujet : « La femme qui a remporté le dernier prix, c’était pour un film iranien, elle a demandé à tout le monde dans la salle de crier en chœur «Women, Life, Freedom ». J’ai failli pleurer.»

Bahar Pars, réalisatrice de "Åsnelandet" remporte le prix CANAL+/CINÉ+ Crédit Photo : Camille Dampierre


Finalement, Gabriel souligne que participer à ce festival fut éducatif pour la prochaine édition du FEM, et ainsi nous en profitons pour annoncer qu’une nouvelle catégorie compétitive s’ajoute à la programmation du FEM 2023, à l’image de celle du festival de Clermont-Ferrand, un prix sera remis au meilleur film de Région.


Je remercie grandement Gabriel pour son temps et le partage de son expérience.



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