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Le féminisme : comment se traduit le mouvement dans le cinéma québécois?



C’est quoi un film féministe?

Comment qualifier un film de féministe? Il faut d’abord comprendre qu’un film féministe ne parle pas nécessairement juste de féminisme. Le but de ces œuvres peut aussi être de présenter des enjeux féministes, que ce soit une comédie ou un documentaire. Le Test de Bechdel-Wallace, créé par l’autrice de bande dessinés Alison Bechdel, a souvent été utilisé pour juger la sous-représentation des personnages féminins dans des œuvres de fiction. En soi, le test sert à indiquer si un film est sexiste grâce à ces trois règles suivantes : il doit y avoir au moins deux femmes nommées par leur nom et prénom dans l’œuvre, ces femmes doivent parler ensemble et elles doivent parler de quelque chose n’ayant pas rapport avec un homme. Bien qu’il indique la présence ou non de sexisme dans une œuvre, le test ne suffit pas à déterminer s’il est féministe ou non. Par exemple, Dallas Buyers Club passe le test, mais on ne pourrait pas le qualifier d’un film féministe pour autant. Dans le cadre d’un article sur les films d’amour féministes, Urbania ont demandé au Filministes quels étaient leurs critères pour déterminer la « teneur féministe d’une œuvre ». Malgré qu’elles n’aient pas de critères précis, voici quelques questions qu’elles se posent lorsqu’il est question d’évaluer un film : le film met-il à mal certains stéréotypes liés au genre? Propose-t-il une diversité des corps, des générations et des profils?; Les femmes mises en scène sont-elles capable de prendre des décisions par elles-mêmes ; Peut-on les qualifier de badass ou sont-elles uniquement le faire-valoir des hommes ; sont-elles présentées comme intelligentes?, etc.


Il n’y a pas qu’une seule forme de féminisme puisque tout dépend du point de vue de chacun(e)s, mais il est sûr que tous sont pour l’égalité des femmes. C’est pourquoi il est compliqué d’établir si un film est plus féministe qu’un autre : tout dépend de l’appropriation faite des enjeux exposés dans une œuvre. Voici donc cinq films qui, selon moi, sont importants pour le cinéma féministe québécois.

Source photo : ONF

De mère en fille (1968) – Anne Claire Poirier

Réalisé en 1967, c’est le premier long métrage québécois ayant comme sujet principal la femme. L’histoire est basée sur Liette, une femme enceinte de son deuxième enfant, qui explique la reproduction à sa fille et observe les différents changements de son corps. « Tourné durant une grossesse réelle, basé sur le journal que la réalisatrice Anne Claire Poirier a elle-même tenu pendant l'une de ses grossesses, ce documentaire montre le corps de la femme enceinte, révèle ses émotions et ses angoisses. » (ONF)

Une histoire de femmes (1980) – Sophie Bissonnette, Joyce Rock et Martin Duckworth

Cette œuvre documente l’implication des femmes lors de la grève des travailleurs des mines de nickel d’INCO à Sudburry en 1978 et 1979. « Ensemble, les femmes de Sudbury découvrent l’emprise de la compagnie sur leur vie personnelle et sur la vie collective, remettant en question leur rôle domestique traditionnel et découvrant leur propre pouvoir. » (La cinémathèque québécoise) Le film remporte le prix de la critique du meilleur long métrage de l’association québécoise des critiques de cinémas, en 1980.

Source photo : ONF

Trente Tableaux (2011) – Paule Baillargeon

Ce long métrage documentaire raconte l’histoire de Paule Baillargeon, sous forme de séquences où elle décrit sa vie. Artiste, cinéaste et comédienne, elle se considère avant tout femme et féministe. Sous la forme de trente tableaux, elle utilise des séquences vidéo, des photos, des dessins et de l’animation pour nous conter son histoire. Cette œuvre se distingue par sa beauté visuelle et par le texte puissant, narré par Paule Baillargeon même. « Trente instants pour mieux comprendre l’âme de cette femme douce et rebelle portant tout autant dans sa chair que dans sa mémoire l’histoire de toutes les femmes du Québec. » (Québec Cinéma)

Source photo : Le Point de Vente

Charlotte a du fun (2018) – Sophie Lorain

À la suite d’une rupture amoureuse, Charlotte découvre avec émoi les garçons avec qui elle travaille, dans le magasin de jouets où elle vient d’être engagée. Lors d’une soirée, elle affirme sans gêne avoir couché avec plusieurs garçons, et réalise rapidement qu’ils s’en sont tous vantés. « La jeune fille apprend à la dure que la culture du double standard n’est pas que le propre des générations précédentes. » (Le Devoir) Jugée de tous pour ces choix, Charlotte propose à ses amies de faire vœu d’abstinence pour montrer qu’elles ne dépendent pas des hommes pour être accomplies. Charlotte a du fun expose les tabous et clichés associés à la sexualité des femmes et propose une réflexion pertinente sur le désir féminin. Le film aborde la liberté sexuelle des jeunes femmes de manière positive et assumée.

Source photo : Théâtre du Marais

Je vous salue salope : La misogynie au temps du numérique (2022) – Léa Clermont-Dion et Guylaine Maroist

Ayant pris sept ans à concevoir, ce documentaire choc suit l’histoire de quatre femmes victimes de misogynie en ligne. Laura Boldini, menacée de viol et de mort après avoir été élue présidente du Parlement italien; Kiah Morris, une démocrate harcelée puisqu’elle était la seule femme noire siégeant à la Chambre des représentants du Vermont; Marion Seclin, comédienne et youtubeuse qui, après avoir dénoncé le harcèlement de rue, a reçu 40 000 messages haineux; et Laurence Gratton, une enseignante québécoise harcelée depuis 5 ans par un ancien collègue, qui s’en est déjà pris à près de 40 autres femmes. (Radio-Canada) Cette œuvre complètement troublante vise à afficher la violence et la haine contre les femmes véhiculée sur les réseaux sociaux. Ces mouvements antiféministes veulent réduire au silence les femmes se défendant contre la misogynie ligne. Je vous salue salope expose crûment la réalité vécue par plusieurs femmes sur les réseaux sociaux.


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Sources



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