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Le cinéma de genre québécois

Dernière mise à jour : 17 juin 2023


Assise confortablement dans ce petit banc rouge, je jette quelques petits regards autour de moi tout en continuant de discuter avec mon amie. Je reconnais plusieurs visages. Les gens semblent se connaître, car, en se voyant, des exclamations se font entendre. En réfléchissant quelques secondes à la question que ma chère amie vient de me poser, je me retourne quelques secondes à ma droite et un sentiment d’excitation vient remplir l’entièreté de mon corps. L’un de mes réalisateurs préférés est assis à deux bancs d’où je suis. Je regarde mon amie et elle comprend tout de suite ma réaction. À ce moment-là, j’ai vraiment l’impression que ma vie est un film puisque tous ceux qui sont là sont habituellement sur mon petit écran de téléphone. Cela fait donc remonter à la surface l’adolescente que j’étais il y a plusieurs années et qui admirait grandement ces personnalités publiques. Les goûts cinématographiques de cette adolescente seront servis puisque je ne suis nulle autre qu’à la première de Cœur de slush, un film pour adolescents québécois.

Ce long-métrage, je l’attendais avec impatience depuis maintenant un an. Tout d’abord, ce dernier a été filmé en grande partie, dans la ville où j’ai grandi, Saint-Sauveur. Mais, ce qui m’excitait le plus était de pouvoir enfin visionner un film spécialement écrit pour les adolescents, sur l’amour, mais fait ici au Québec, ce qui est quand même relativement rare.

Au Québec, l’offre des sous-genres (comédies romantiques, science-fiction, horreur, etc.) n’est pas très présente dans le monde cinématographique puisqu’auparavant, il a pu avoir plusieurs ratés. Les cinéastes de l’époque voulaient répondre à la demande du public qui souhaitait un cinéma de type hollywoodien. Malheureusement, les budgets des Américains ne sont pas les mêmes que nous. Nous avons donc maintenant la phobie de copier nos fameux voisins les Américains. De sorte, qu’encore une fois, puisque nous n’avons pas ces choix ici, nous allons donc voir l’autre côté de la frontière ou ailleurs dans le monde. Malheureusement, souvent, les films américains ne sont pas nécessairement la représentation de notre société québécoise. Par exemple, dans beaucoup de films pour adolescents américains, les protagonistes habitent sur le bord de la plage et vont surfer entre leurs cours, ce qui n’est pas le cas pour nous. C’est ce que j’ai beaucoup apprécié de Cœur de slush, j’avais l’impression de revivre mon adolescence puisque je reconnaissais les lieux ou, même encore, je pouvais m’identifier dans les comportements de la protagoniste. À mon avis, les cinéastes ont le devoir de se battre auprès des distributeurs, des fournisseurs et des producteurs pour présenter davantage de films pour adolescents, car, comme le disait si bien la scénariste de Cœur de Slush, l’adolescence est la période où on se découvre et où on se pose le plus de questions. Il serait donc bien que les jeunes Québécois puissent voir à l’écran des personnages qui se rapportent le plus à leur réalité. Comme le disait si bien mon professeur de cinéma, la fiction est le reflet de la réalité.

La seule façon qui nous permettrait d’avoir accès à plus de films de ce genre est tout simplement en allant visionner les rares qui sont présentés au cinéma. C’est de cette façon que le public peut avoir son mot à dire. Au bout du compte, il est vrai qu’un cinéaste fait du cinéma pour l’argent ou pour le plaisir, mais sans public, il n’y a tout simplement pas de films. Évidemment, il ne serait pas question de copier complètement les Américains, mais nous avons la créativité nécessaire, à mon avis, de prendre nos constantes québécoises et de les appliquer à des genres cinématographiques comme l’a si bien fait Robin Aubert dans son film Les Affamés. Je vous encourage donc grandement à aller voir Cœur de slush qui sera présenté en salles à partir du 16 juin 2023. En plus, vous aurez la chance de voir la merveilleuse performance de notre cofondatrice, Camille Felton.



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