Je vous salue salope, regard choc sur la misogynie en ligne

Hier, je suis allé voir le nouveau documentaire de Léa Clermont-Dion et Guylaine Maroist, qui explore la misogynie et le harcèlement en ligne. Je m’attendais à en sortir choquée, mais plus sensibilisée et surtout plus éduquée, et je n’ai pas été déçue.


Si vous ne savez pas de quoi je vais vous parler, voici la bande-annonce du film :

Voici aussi la définition du terme misogyne, selon le Dictionnaire Larousse : “Qui éprouve du mépris, voire de la haine, pour les femmes ; qui témoigne de ce mépris.“


Étant une féministe assumée qui adore m’éduquer, surtout grâce à la lecture d’essais, je n’ai même pas eu besoin de voir la bande-annonce avant de décider d’aller visionner ce documentaire. Ne sachant pas à quoi m’attendre, sauf ce que je vous ai mentionné plus haut, j’ai été surprise de constater l’importance et la grandeur des femmes interviewées dans le long-métrage de 1h20.


Les réalisatrices ont en effet réussi à approcher Laura Boldrini, ex-présidente du Parlement italien, Kiah Morris, ex-représentante démocrate américaine (qui a dû se résigner à abandonner son poste, face à l’inaction de la police lorsque les menaces en ligne ont commencé à avoir lieu dans la “vraie” vie), Marion Séclin, comédienne et Youtubeuse féministe française et Laurence Gratton, une étudiante montréalaise.


Laurence a d’ailleurs été harcelée par un de ses collègues de classe à l’Université de Montréal pendant plusieurs années, de même que d’autres étudiantes du même programme de baccalauréat. L’université tout comme les autorités n’ont entrepris aucune mesure afin de les protéger, malgré les menaces de morts et de viols, qui incluent leurs renseignements personnels telle leur adresse. L’histoire de ces femmes fait d’autant plus peur, car elle nous rappelle à nous, téléspectatrices et téléspectateurs, que ça peut nous arriver, et que de grandes chances sont que rien ne pourra être fait pour nous protéger.

Source de la photo : Urbania


Ces quatre femmes recevaient un nombre incroyable de messages et commentaires sexistes, misogynes, humiliants, violents, et parfois racistes. Dans le cas particulier de Laura Boldrini, ces commentaires étaient proclamés par des membres du gouvernement et même par le maire d’une ville italienne. Dans la majorité de ces cas, la première réponse de la police et des autorités policières a été la même : “il n’y a pas de lois encadrant le harcèlement en ligne. Nous ne pouvons rien faire.” De quoi faire peur.


Heureusement, tout n’est pas que négatif, et c’est important de le mentionner. En effet, Laura Boldrini a fait adopter une loi contre la cyberintimidation des mineurs en Italie et travaille toujours sur l’amélioration de la législation en matière de cyberharcèlement.


La seule chose que j’aurais voulu de plus est d’avoir accès à un point de vue plus québécois de la chose, quitte à offrir un film de 2h au lieu de 1h20. En effet, plusieurs femmes québécoises ont été victimes du harcèlement en ligne et le sont encore (Notamment, Hélène Boudreault, Safia Nolin, Marwah Rizqy, Coralie Laplante de La Presse, etc.), et j’aurais voulu en savoir plus. Que ce soit le point de vue de ces femmes, mais aussi la place de ce fléau dans la justice québécoise et qu’est-ce qui est fait actuellement pour améliorer le sort des victimes.


Bref, vous comprendrez que je recommande le visionnement de ce documentaire, car bien que nous sommes au courant que le système à de grandes failles quant à l’aide aux victimes de harcèlement sexuel en ligne, il reste important de s’éduquer puis de se sensibiliser sur le sujet, afin d’un jour, réussir à faire changer les choses.


Voici où trouver l’horaire des salles où le film est présenté, et j’en profite pour vous recommander également le documentaire La parfaite victime ainsi que la série documentaire T’as juste à porter plainte de Léa Clermont-Dion, disponibles gratuitement sur Tou.TV et Noovo, qui complètent bien les infos du dernier film.


Bonne écoute !