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Immersion dans la politique du cinéma américain

Depuis l’invention du cinéma, les réalisateurs ne se gênent pas de partager leurs idées politiques à travers leurs histoires. La fibre patriotique des Américains fait en sorte qu’ils sont les meilleurs pour parler de leurs idéologies au grand écran.


Un film qui se dit « politique » ne veut pas nécessairement dire que c’est un film à propos de la politique. C’est une œuvre qui fait une déclaration sur un point de vue politique, par exemple le racisme, le sexisme, etc. de manière explicite ou implicite.



Les films commerciaux : un bon tremplin politique


La saga Star Wars est un exemple d’un film qui reflète la politique de l’époque de manière subtile. George Lucas, le réalisateur du premier opus de la saga et créateur de l’univers, a toujours dit que le tout premier film, A New Hope, était vaguement inspiré de la guerre du Vietnam, qui avait lieu au moment de son écriture et aussi du président Richard Nixon, qui tentait la course à la présidence pour un deuxième mandat. Le film que nous voyons présentement était un reflet de sa réflexion sur comment une démocratie peut tourner en dictature. Même si le film est sorti après la démission de Nixon suite au scandale d’espionnage du Watergate, il reflète tout de même une période houleuse de la politique américaine.


Autant que Star Wars est un film politique avec un agenda un peu plus subtil, le film Rocky IV est un excellent exemple d'une œuvre qui se voit comme étant antiguerre et ne le cache pas. Le film est sorti au plus haut des tensions entre les États-Unis et la Russie pendant la Guerre Froide. Il présente plusieurs éléments souhaitant la paix entre les deux puissances mondiales. Ivan Drago, l’adversaire de Rocky est présenté comme étant une machine de guerre, qui s'entraîne seulement pour tuer son adversaire avec des moyens hautement technologiques, alors que Rocky s'entraîne pour défendre l’honneur de son pays, utilisant des moyens trouvés dans la nature, loin de la technologie. À la fin du combat, que Rocky a d’ailleurs gagné, il fait un discours mentionnant que c’est mieux que deux personnes se battent pour l’honneur de leur pays que 20 millions de personnes s’entretuent. Encore à ce jour, il reste un des films les plus emblématiques de l’univers de Rocky Balboa.

Rocky Balboa et Ivan Drago avant leur combat sur le sol russe (Source : https://www.dailymail.co.uk/tvshowbiz/article-5186281/Rocky-IVs-Sylvester-Stallone-Dolph-Lundgren-reunite.html)


Lorsque l’armée s’en mêle


Les Américains utilisent également le cinéma pour faire du recrutement pour l’armée. Le film Top Gun, sorti en 1986, a agi comme agent de recrutement massif pour l’armée américaine, qui avait désespérément besoin de troupes à la fin de la Guerre du Vietnam. Cette guerre avait donné une image négative à l’armée, puisque les Américains l’avaient perçue comme inutile, surtout suite au mouvement du Flower Power, qui prônait la non-violence et le respect d’autrui. L’armée américaine a d’ailleurs contribué au tournage du film, alors qu’en échange de 1,8 million de dollars, elle donnerait à la production plusieurs types d'avions de combat, dont quelques-uns qui ont été pilotés par de vrais pilotes. Comme de fait, le film a contribué à une augmentation de 500% l’année suivant sa sortie.


Un cinéma de plus en plus impliqué


De plus en plus, les films sont énormément influencés par la politique. Que ce soit de façon à retracer les événements tels qu’ils se sont produits ou non, nombreux sont les réalisateurs à s’inspirer des événements sociaux se passant dans la vie réelle. Jordan Peele est un des réalisateurs qui utilise ses films, qui sont tous des films d’horreur, pour faire passer des messages, principalement sur le racisme et différents enjeux sociaux. Son premier film, Get Out, a su attirer l’attention dès sa sortie. Dans ce film, Peele utilise les moyens classiques du cinéma d’horreur (manipulation, médicaments, etc.) pour faire sentir aux spectateurs comment se déroule le quotidien d’une personne noire.

Photo tiré du film Get Out. (Source : https://www.vulture.com/article/get-out-oral-history-jordan-peele.html)


Le mouvement #MeToo a fait affaire à plusieurs adaptations cinématographiques, la plupart des œuvres biographiques. Le film She Said, réalisé par Maria Schrader, sorti à la fin 2022, porte sur les deux journalistes du New York Times qui ont publié l’enquête sur les différentes femmes accusant Harvey Weinstein de les avoir abusées sexuellement. C’est ce rapport qui a amplifié le mouvement #MeToo en 2017. Bombshell est un autre oeuvre portant sur ce mouvement, mais cette fois-ci dans le monde de la télévision, portant sur les accusations d’agression sexuelle sur Roger Ailes, alors président de Fox News. La principale critique à l’égard de ce film est qu’il a été réalisé par un homme, alors qu’il porte sur une histoire avec des témoignages uniquement féminins.



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