Les gagnants du Festival Émergence 2020 se confient

Entrevue avec les cinéastes gagnants du Festival Émergence 2020


Déjà une première édition de terminée pour le Festival Émergence. Parmi tous les cinéastes en nomination, trois se sont démarqués et ont été couronnés gagnants dans leurs catégories respectives. Je me suis entretenue avec les lauréats afin d’en apprendre plus sur leur carrière et sur les dessous de leurs courts-métrages.





« Je souhaite à tout le monde de lire le livre de Guy Debord : la société du spectacle. » - Chloé Sirois





Chloé Sirois, gagnante dans la catégorie « Meilleur court-métrage expérimental » avec son film « Le Spectacle », a su épater les juges pour la qualité de son film et son originalité. C’est en cinquième secondaire qu’elle s’intéresse au cinéma en faisant un film comme projet personnel à son école. Dès son entrée au Cégep de Saint-Laurent à Montréal, elle commence à expérimenter le domaine et à travailler pour Production Triskel, boîte avec laquelle elle a réalisée trois de ses courts-métrages.


Pourquoi avoir choisi de présenter « Le Spectacle » comme court-métrage au Festival?

« Ça faisait un bon moment que je travaillais dessus et pour moi c’était un gros projet. J’y ai mis beaucoup de temps et d’argent, donc j’avais le goût de faire plusieurs festivals avec. Je pense qu’il est important de croire en ses projets et c’est exactement ce que j’ai fait. Mon film parle beaucoup, entre autres, de notre société de consommation et il est basé sur un livre qui m’a beaucoup inspiré. J’avais envie de faire quelques choses afin que le plus de personnes possible puissent en apprendre sur le capitalisme et en rire. »


De quoi es-tu le plus fière dans ton court-métrage?

« Je dois dire que je suis assez fière de ma direction artistique. Chaque fois que je commence un tournage, j’ai tendance à commencer par m’inspirer d’images très artistiques et ensuite tout se transforme en une histoire. J’ai travaillé fort sur celle-ci et je suis fière du résultat. J’ai aussi une équipe incroyable avec laquelle j’adore travailler et qui m’apprend énormément. »





« Je fais plein de choses, comme un couteau suisse! » - Claudia Kedney-Bolduc






Claudia Kedney-Bolduc, gagnante dans la catégorie « Meilleur court-métrage documentaire » pour son film « FootSteps », a ébloui les juges pour son professionnalisme et sa direction photo.

Passionnée par les effets spéciaux des films de son enfance, Claudia commence dans la photographie. Elle filmait entre autres les vidéos de fin de saison et quelques matchs d’équipes sportives de Québec. À 25 ans, elle lâche son programme de publicité pour se tourner vers celui du cinéma, plus précisément le documentaire.


Pourquoi avoir choisi de te diriger vers le documentaire du type plus sportif?

« J’ai choisi ce type de documentaire, parce que je pense que c’est vraiment une bonne manière de raconter des histoires que peut-être n’entendrions jamais parler. Donner la parole aux femmes dans le monde du sport, c’est- ce qui m’a motivé à me pencher sur le monde sportif. J’ai fait beaucoup de sports dans ma vie et j’ai été entourée de femmes fortes et passionnées. Je me suis souvent fait dire que le rugby était un sport d’homme et que je n’avais pas ma place. Mon côté créatif et féministe a eu envie de s’exprimer et défendre plusieurs sujets. C’est pourquoi mes documentaires ne sont pas comme les classiques reportages sportifs, mais plutôt artistiques. »


Jusqu’où aimerais-tu aller avec tes réalisations?

« Je dirais que c’est d’ouvrir les yeux pour arrêter de « genrer » des choses qui ne devraient pas l’être. Pourquoi est-ce que la gymnastique c’est plus féminin? Un garçon qui fait de la gym c’est puissant. C’est aussi poussé que de dire « si tu fais tel sport, il faut que tu aies telle shape » … tout le monde a sa place. Je pense que pour ma part c’est le rugby qui m’a ouvert les yeux à cette réalité. Nous pouvons être tous différents et pratiquer le même sport. Pourquoi est-ce que je ne pourrais pas être femme forte? Je pense que c’est vraiment ça ma mission. »




« J’écoutais trop Gossip Girl au secondaire…moi je voulais être Chuck Bass. » - Anthony Coveney




Anthony Coveney, gagnant dans la catégorie « Meilleur court-métrage fiction » et du grand « Prix du Jury » pour son film « Fuck les gars » a su conquérir le cœur des juges pour… C’est sur un coup de tête qu’Anthony décide de s’inscrire en cinéma. Très vite, il y trouve une passion derrière la caméra. Il réalise rapidement que ce n’est pas le million qui le rendrait heureux , mais plutôt faire rire les gens.


Que représentent ces deux prix pour toi ?

« C’est vraiment le « fun » que le travail de mes pères de l’UQAM soit reconnu. Ce film-là je ne l’ai pas fait seul, je l’ai fait avec des amis et le fait de se classer avec d’autres gens qui font des super bons film c’est gratifiant. En plus c’est mon premier film alors je suis bien content. »


D’où vient ton inspiration pour ton court-métrage « Fuck les gars » ?

« Je suis passé en vélo devant une crèmerie de Longueuil et il y avait une petite fille qui était là en train de manger sa crème glacée avec des amis. Il y avait un jeune garçon à côté en bicyclette, elle s’est levée et lui a « foutu » sa crème glacée dans face en disant quelque chose comme « Fuck les gars ». J’ai trouvé ça drôle et fort comme situation et j’ai eu envie de l’intégrer quelque part. Je me suis aussi moi-même rendu compte que j’étais maladroit avec les filles. Donc, c’était important pour moi de mettre de l’avant des propos que les gars disent aux filles qui ne sont pas correctes et qu’ils ne le seront jamais. »


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