Entrevue avec la comédienne Alice Morel-Michaud



Source de la photo : Compte Instagram d’Alice Morel-Michaud (Photographe: @emihebert et MUA: @emiliemahglam)


La jeune comédienne de 22 ans Alice Morel-Michaud se réjouit de pouvoir exercer ce métier qui la passionne énormément et ce, depuis maintenant longtemps. Elle était également membre du jury pour l’édition 2021 du Festival Émergence, une expérience qu’elle a beaucoup aimée par les discussions enrichissantes et le rapport aux œuvres que ça lui a permis de vivre. Elle nous dévoile à travers cette entrevue les spécificités de son travail et de ses méthodes préférées pour bien incarner ses personnages. Elle se confie aussi sur les défis que lui amène l’anxiété. Sa personnalité pétillante et sa vision des jeunes dans l’industrie du cinéma nous inspirent. Voici ses réponses à nos questions :

Comment as-tu commencé à faire du cinéma?

Elle avait à peine 5 ans lorsqu’elle a obtenu son premier rôle. C’est grâce à un contact d’une amie de son école primaire qu’un jour, elle a fait sa toute première audition pour un court-métrage. Elle y est arrivée, elle a obtenu le rôle! Cet événement heureux l’a ensuite guidée vers un début de carrière en rencontrant un agent.

« Je n’ai jamais arrêté depuis. »

Elle était déjà sur une belle lancée qui l’a peu à peu menée vers une carrière qu’elle aime beaucoup. Elle fait cela à temps plein maintenant.

Est-ce que tu aurais fait autre chose? Y as-tu déjà pensé?

Elle n’a jamais eu le désir de faire autre chose. Elle sent qu’elle est à sa place dans ce domaine et si elle n’était pas comédienne, elle continuerait fort probablement dans l’industrie, dans une sphère un peu différente, mais toujours dans l’univers du cinéma et de la télévision. Peut-être même derrière la caméra, qui sait! Elle est passionnée par tout ce qui entoure la fiction. Elle a en effet un intérêt marqué pour la réalisation et la scénarisation mais le jeu reste toujours le choix numéro 1 pour elle pour l’instant.

Comment te prépares-tu lorsque tu dois incarner un personnage?

Pour elle, une bonne étude du scénario et des caractéristiques du personnage est la clé pour mieux visualiser la personne qu’elle incarnera. Elle tient à ce que sa préparation soit complète et faite de manière assidue. Elle y met donc beaucoup d’efforts lorsqu’elle étudie un texte. Elle fait des recherches pour bien comprendre les particularités et l’univers de son personnage. Par exemple, lorsqu’elle connaît moins la réalité qu’elle doit représenter, elle lira des livres et des articles qui la guideront vers des précisions et l’aideront ensuite à construire son personnage.

« J’aime ça que mes personnages soient les plus ancrés dans la réalité. »

Elle lit également le scénario en entier, et non seulement ses scènes pour avoir une vue globale sur ce qui entoure son personnage et ceux avec qui elle interagit. Ça lui donne une bien meilleure idée de l’ambiance et le ton de la série ou du film. Un bon truc qu’elle nous a donné et qui l’aide beaucoup, c’est de faire un document dans lequel elle inscrit en ordre chronologique les événements que vit son personnage. Ça lui donne un portrait complet de l’histoire dans laquelle elle plonge et ça retrace d’où vient le personnage et ses motivations. Parfois, les délais avant les tournages sont serrés, mais elle prend tout le temps à sa disposition avant pour se lancer dans cette étude qui fait vraiment la différence.

Lequel de tes personnages t’a le plus marqué?

C’est Julie, le personnage qu’elle jouait dans Les Pee-Wee et Junior Majeur. C’est en grande partie parce que ce personnage a évolué avec elle, car elle l’a interprété à deux moments bien éloignés et distincts dans sa vie. Elle a senti que Julie a rejoint de nombreuses personnes avec les films et cela la touche beaucoup. Que ce soit comme source d’inspiration pour commencer à faire du sport ou un boost de confiance pour les jeunes filles, un plus grand attachement et un sens du devoir se sont développés au fil des années avec ce personnage pour Alice. Elle était contente de pouvoir véhiculer un message positif auprès des jeunes. Les semaines qu’elle a passé à travailler sur ce personnage ont mené à une expérience mémorable. Cela a été un défi constructif d’autant plus que Julie s’éloigne de sa propre personnalité. Elle sait que le tournage du troisième film de cette série qui est en fait une trilogie reste en suspens pour l’avenir et elle a hâte d’interpréter à nouveau ce personnage. Il reste toujours dans ses pensées.

Lors d’une entrevue avec Urbania, tu as mentionné avoir un trouble d’anxiété généralisé, de l’anxiété de performance et de l’anxiété sociale. Tu es souvent en contact avec le public. Est-ce difficile de faire face à certaines situations parfois?

Oui, elle a effectivement confirmé que ça pouvait être un défi pour elle. De nature, elle ne se sent pas toujours complètement à l’aise d’approcher des gens qu’elle ne connaît pas et d’engager directement une discussion. Ça la sort d’un coup de sa zone de confort, ce qui peut être anxiogène et déstabilisant. Elle est amenée à rencontrer de nombreuses nouvelles personnes grâce à son travail et ce, dans des endroits publics. Il y a quelque chose de positif à cela mais aussi troublant, car c’est quelque chose qu’elle aurait plutôt tendance à éviter en raison de l’anxiété.

« C’est un défi, mais je pense qu’en même temps, ça m’aide à combattre cette anxiété. »

Elle voit beaucoup de bons côtés aux échanges avec ses collègues et amis dans son milieu. Elle explique aussi qu’il y en a quelques-uns qui ne sont pas au courant de cet inconfort qu’elle peut ressentir et cela peut donner l’impression qu’elle est froide ou distante. Elle a pourtant juste moins tendance à être très extravertie dans un contexte de groupe.

Est-ce que de devenir un modèle pour d’autres jeunes femmes est une source de stress supplémentaire? Une pression de plus?


Elle pense plutôt que c’est le contraire. Qu’en étant de plus en plus honnête, vraie et authentique avec sa réalité, moins elle ressent une pression forte. Elle sait aussi reconnaître lorsque c’est elle-même qui se met une pression. C’est libérateur pour elle de s’accepter complètement et de montrer qui elle est vraiment aux autres.

Comme dernier conseil à la relève, elle dit que de se laisser le temps, c’est important. Tout ne nous tombe pas dessus nécessairement après le premier projet. Et il faut continuer de persévérer malgré les refus ou les échecs et plutôt se concentrer sur le bonheur de créer quelque chose d’artistique et de significatif.



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