ENTREVUE: ANAÏS BARBEAU-LAVALETTE

Anaïs Barbeau-Lavalette une réalisatrice sans censure et activiste pour l’environnement a sortie, le 25 septembre dernier, son dernier long métrage, une adaptation du roman de Geneviève Pettersen : « La déesse des mouches à feu ». Un drame qui explore sur les dessous de la vie d’une jeune adolescente de 16 ans dans les années 90.

Pourquoi avoir choisi de faire l’adaptation de ce roman en particulier?

« J’avais l’impression que c’était un regard juste et frontal sur cette période-là de ma vie, mais aussi de nos vies. D’habitude nous lisons sur l’adolescence, nous la voyons sur écran, mais nous sentons que c’est raconté par un adulte. Ce qui m’a frappé dans le roman de Geneviève Pettersen, c’est la vérité dans la voix intérieure du personnage et c’est ça que j’avais envie de traduire sur grand écran. La vérité de l’adolescence, sans jugement. On peut donc prendre des risques et aller loin en tant que réalisateur. C’est toutes les premières fois qui sont vertigineuses, tu ne les vis pas en ayant un regard protecteur ni emphatique. Dans ma proposition cinématographique, je n’avais pas envie d’être complaisante avec cet âge dérangeant. »

Comment as-tu fait le choix de tes acteurs?

« C’est vraiment la partie que je préfère. Je dis souvent que faire un casting c’est comme fabriquer une famille ou une constellation. Tu ne choisis pas tes acteurs, parce qu’ils seront les meilleurs pour jouer le rôle, chaque acteur doit résonner l’un sur l’autre. D’abord, il fallait que je trouve mon personnage principal, Catherine interprété par Kelly Dépeault. C’est vraiment elle mon soleil puis autour vient se greffer toute la gang d’amis et les parents. Il faut penser de façon globale et non individuelle. »

Pourquoi dit-on que votre tournage est vert et écologique ?

« C’est une volonté que j’avais avant même de tourner le film. Je suis extrêmement préoccupé par ce qui se passe et ce qui ne se passe pas sur la planète. Ce fut quand même un défi, car sur les plateaux il a beaucoup de gaspillage et tu es contraint par des réalités de production. Tu peux donc être coincé dans tes décisions si tu veux gagner artistiquement. C’est pourquoi nous avons décidé avec le producteur

Luc Vandal d’être super minutieux afin que ce tournage puisse devenir une référence d’écoresponsabilité. Nous avons consulté des experts en termes d’énergie et ils nous ont envoyé une brigade verte sur le plateau. Nous avions aussi des experts pour nous aider dans chaque département : costumes, régie, décors, maquillage, coiffure etc. Nous devenons donc le premier film écoresponsable du Canada et maintenant les futurs plateaux vont pouvoir se référer à notre bible. »

Est-ce que tu pensais que ton film allait toucher autant de gens ?

« Je suis vraiment bouleversée en fait par les avis sur ce film-là et la pluie de témoignages que j’ai eus. Nous l’avons sorti à Berlin en février dernier juste avant le début de la pandémie. Il fut très bien reçu là-bas et quelques jours plus tard tout fermait. Après Berlin, nous voulions apporter le film dans les festivals à travers le monde, mais finalement tout s’est passé de façon virtuelle. À peine cinq jours après sa sortie au Québec, « La Déesse des mouches à feu » est devenu numéro un au pays ! Il a quelque chose de très puissant et de complètement bouleversant dans l’accueil massif et amoureux que le film a eu malgré sa très courte vie. Il y avait des jeunes en fil devant les cinémas et ce n’est pas normalement un public qui se déplace au cinéma ou qui visionne des films québécois. Malheureusement les films québécois sont souvent classés dans les genres à part. Je pense que les jeunes se sont reconnus là-dedans et que ç’a ouvert une nouvelle porte. »

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