Curiosité et Cinémas Nationaux: Un Bon Mélange

En pleine ère de mondialisation et de l’américanisation de la culture, la diversité culturelle et l’ouverture d’esprit sont au cœur des débats. Les gens en demandent plus, ils veulent que les soirées hollywoodiennes prisées ou encore les festivals de films offrent un contenu plus diversifié. Dans un temps où tout est accessible plus facilement, plus rapidement et que les gens sont de plus en plus informés, on croirait que la consommation de la culture d’ailleurs serait plus élevée, mais ce n’est pas le cas. En 2018, dans les salles de cinéma québécoises, 78% (Statistique Québec) de l’assistance allaient voir des films américains contre 22% pour des films d’ailleurs (incluant le Québec). Plus que jamais, il est important de supporter les cinémas nationaux du monde. Je me suis entretenue avec David Lamontagne, enseignant au département de cinéma et communication au Collège Montmorency pour discuter du rôle de l’éducation des jeunes face au cinéma international.


En temps de pandémie, il a été difficile pour David d’adapter son cours pour faire en sorte de déconstruire ce système et les préjugés que les élèves peuvent avoir. « Ça n’a pas été facile d’adapter mon cours, mais j’ai été agréablement surpris. J’ai été surpris d’apprendre que les films présentés ont été aimés. Le but, encore une fois, c’est d’arriver à les expliquer pour arriver à mieux les comprendre et comprendre leur sens. » Un cours comme le sien, sur les cinémas nationaux du monde, est plus facile à suivre en présentiel qu’à distance, comme c’est le cas pour la plupart des cours, et il mentionne aussi qu’avec les quelques classes qu’il a pu donner en réel, il voit la différence dans la manière dont les films sont perçus et reçus contre celle qu’un élève qui va l’écouter à distance.


Je lui ai demandé, s’il croyait que, dans le cursus scolaire typique d’un élève en cinéma, les cours sur les cinémas nationaux devraient être priorisés sur le cinéma américain, plus commercial et sa réponse m’a énormément surprise: « Je ne dirais pas plus, mais égal. Au Collège Montmorency, de la manière que le programme est construit, nous nous sommes assuré qu’il y ait le cinéma national québécois,le nôtre, le cinéma national américain et le cinéma du monde. Le but n’est pas le même rôle que les distributeurs, les salles, ce qu’on enseigne c’est vraiment de contextualiser, et de se servir du cinéma comme prétexte pour étudier le contexte social. »


Selon lui, les distributeurs de films n’ont pas nécessairement à en faire plus, même si cela était souhaitable, puisque ce sont des entreprises privées qui cherchent uniquement à faire le plus de profits possible. K-Film Amérique, une compagnie d’ici, s’est donné comme mandat de promouvoir les cinémas nationaux, donnant ainsi la chance aux Québécois et Québécoises qui fréquentent les salles

Quelques films distribués récemment par K-Film Amérique

Source photo: https://cutt.ly/mbJVVL3


de cinéma d’ouvrir leurs horizons à d’autres cultures, au cinéma d’ailleurs. « C’est un peu curieux qu’à une époque où on parle de diversité, de décolonisation, que le principal vecteur de colonisation c’est la culture, particulièrement la culture américaine. » Remarque-t-il. Notre musique, nos films, nos séries, la plupart des tendances vestimentaires partent bel et bien de nos voisins du sud. Cette réalité, que nous sommes beaucoup plus américanisées que nous pensons l’être, crée en nous un certain système de réception qui fait en sorte que nous ne sommes pas nécessairement attirés envers des films qui ne sont pas « conventionnels ».


Il ressent toutefois qu’il possède un certain mandat de présenter le cinéma d’ailleurs aux étudiants du cégep.

« Pour moi, oui, c’est excessivement louable pis ça fait partie du programme, mais c’est certain que personnellement, dans tous les cours de la grille, je trouve que c’est fondamental. »

En tant que professeur, David tient à éduquer les jeunes sur les cinémas nationaux afin de faire en sorte que les jeunes reconnaissent la richesse dans les cultures du monde, et de faire découvrir des œuvres qui font réfléchir sur notre relation avec l’autre et le reste du monde. Pour cet enseignant, il est important d’être sensible à l’autre et de créer un certain partage à travers la culture.


Pour conclure notre échange, je lui ai demandé quelle était la meilleure façon pour les jeunes d’en apprendre plus sur le cinéma international : « Je conseillerais d’être curieux. À l’époque on disait que c’était un défaut, mais aujourd’hui je pense que c’est la plus grande qualité qu’on peut avoir. » La curiosité permet d’être capable d’avoir plus de connaissances, d'être capable de porter de meilleurs jugements et de former de meilleures opinions.


Dans un temps où il est impossible de voyager, le cinéma est le meilleur moyen de partir à la découverte du monde. S’il vous prend l’envie de vouloir ouvrir vos horizons et découvrir de nouvelles cultures, vous pouvez consulter le site deCinéma Montréal pour avoir un aperçu des différents films internationaux à l’affiche près de chez vous !

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