Cinéma engagé: une nouvelle génération

Si nous pouvons nous entendre sur une chose, c’est bien que l’année 2020 correspond à une période où les voix se sont élevées pour ainsi dénoncer des injustices encore dans l’ombre et réfléchir aux enjeux sociaux et environnementaux importants d’aujourd’hui. Plusieurs médiums, comme Instagram, ont été utilisés pour rejoindre un large public et pour propager les valeurs qui sont importantes pour la prochaine génération. Et le cinéma n’a pas fait exception. Les images et les histoires, ça en dit beaucoup. De nombreux jeunes cinéastes se sont tournés vers leur caméra pour parler de sujets essentiels d’une manière que seuls les films peuvent le faire. Des exemples inspirants de projets sensibles et utiles qui viennent d’ici, il y en a beaucoup! Et cette vague d’engagement ancrée dans la relève cinématographique québécoise est sans aucun doute florissante et prometteuse pour continuer de nourrir les discussions sur des mouvements tels que #MeToo et Black Lives Matter pour construire un monde de demain meilleur et plus ouvert. En voici quatre exemples qui ont particulièrement attiré l’attention de l’équipe du Festival Émergence.


Nous aimerions d’abord souligner la force de l’œuvre documentaire récente Être Noir.e à Montréal qui a su, par le travail et le talent des jeunes cinéastes, parler de ce que vit la communauté noire montréalaise. Plus particulièrement, ce film collectif regroupant cinq courts-métrages documentaires émergents vient mettre en lumière des personnalités inspirantes en abordant de front des situations particulières qu’elles vivent au quotidien ou dans leur travail. Le documentaire y intègre même l’art, le féminisme et les enjeux liant diversité et culture. Les cinéastes avaient le souci de donner de la visibilité à des personnes noires uniques qui portent une vision pouvant aider à la compréhension de leur réalité au Québec. Et bonne nouvelle! Il n’est pas trop tard pour le visionner! Le film est toujours disponible sur le site web de Télé-Québec.


Poursuivons maintenant avec un duo fort inspirant qui a réalisé des œuvres significatives pour parler des problématiques et des préjugés entourant la communauté autochtone. Les deux jeunes femmes Mélanie Lumsden et Widia Larivière se sont démarquées avec leurs deux courts-métrages documentaires Où sont tes plumes?, avec un côté plus humoristique, et Un nouveau souffle, un projet tourné vers l’avenir. Vous n’avez qu’à vous diriger sur le site de Wapikoni pour visionner leurs œuvres. On vous les recommande!


Le cinéaste émergent Simon Roberge, fraîchement diplômé du baccalauréat en production cinématographique de l’université Concordia, a produit et réalisé en 2018 un court documentaire émouvant sur les défis qu’a surmontés une peintre de 70 ans nommée Ginette Lafontaine au cours de sa vie et de sa carrière. Ce portrait prenant qui s’intitule Dialogue entre elle et moi vient nous confronter aux tourments que peuvent vivre les victimes de violences sexuelles et comment l’art a fait toute la différence pour cette femme en l’aidant à passer à travers les épreuves. Il est possible de le voir sur le site de l’organisme Les Films du 3 mars qui, pour un prix très abordable, vous permet d’avoir accès à de nombreux films indépendants.


Et finalement, nous guettons impatiemment la sortie du long-métrage documentaire The End of Wonderland qui trace le parcours d’une artiste burlesque transsexuelle écrit et réalisé par Laurence Turcotte-Fraser. Cette histoire nous donnera certainement accès à un univers qui encore, a tendance à être tabou ou incompris. Laurence nous partage « [qu’elle voit] le cinéma comme un puissant outil de communication – un langage sensoriel aux multiples couches de sens. » (http://fraserfilms.ca/fr.html) Les dires de cette cinéaste de la relève nous convainquent une fois de plus de la portée que les images peuvent avoir.

La jeunesse est ingénieuse. Que ce soit en trouvant de nouvelles manières de produire des films en suivant les mesures sanitaires liées à la COVID-19 ou en inaugurant de grands projets avec de très petits budgets, les solutions pour continuer de se faire entendre sont exponentielles. L’important, c’est d’oser et ne pas avoir peur de la grandeur de nos ambitions.

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