Babysitter: le poupon chéri de Monia Chokri

Une critique de Luka Provost

source: RoweReviews

J’ai eu la chance d’assister à la première représentation du long-métrage Babysitter, le deuxième de la réalisatrice Monia Chokri. Après La femme de mon frère (2019), qui avait été présenté à Cannes, j’avais beaucoup d’attentes concernant ce long-métrage, dont le scénario a été adapté par Catherine Léger, autrice de la pièce de théâtre portant le même nom que le film. Babysitter, c’est l’histoire de Cédric (parfait Patrick Hivon) qui perd son emploi suite à une soirée bien arrosée durant laquelle il embrasse une journaliste sans son consentement, en direct à la télévision. Suite à cet événement, il écrira un livre sous forme de lettre d’excuse. Sa femme, Nadine (brillante Monia Chokri), s’occupe de Léa, leur fille qui n’a que quelques mois et qui pleure constamment. Elle est vraisemblablement dépassée par les événements et Cédric décide d’engager une nounou à l’insu de Nadine, interprétée par l’actrice française Nadia Tereszkiewicz.


Le film est très beau visuellement. Les plans sont grandioses dans un environnement que l’on pourrait qualifier de quotidien, mais qui devient fantaisiste sous nos yeux. La maison du couple est colorée et chaque pièce présente son propre univers. La lumière est très importante dans la réalisation de Monia Chokri, c’est quelque chose que j’avais souligné et qui m’avait impressionné dans son premier film et qui prédomine dans celui-ci également.


Le jeu des acteurs et des actrices est très intéressant à analyser. Contrairement à La femme de mon frère, dans lequel l’interprétation se rapproche davantage d’un réalisme, les personnages de Babysitter, surtout les personnages féminins, agissent parfois de façon robotique, presque comme si elles vivaient dans un autre monde. Intéressant parallèle à faire avec le thème du long-métrage, qui répond vivement au mouvement Metoo.


Le tournage s’est effectué exclusivement pendant la pandémie, mais la distance entre les personnages était déjà voulue à la base, selon la réalisatrice. Dans une entrevue accordée au Journal de Montréal, Monia Chokri affirme que son Babysitter était le meilleur film à tourner en période COVID. En effet, la relation tendue entre Cédric et Nadine ainsi que celle que plusieurs entretiennent avec Amy, la gardienne aux comportements particuliers, s’expriment physiquement par l’espace qui se tient entre eux.


C’est un film qui propose une ambiance jamais vue au Québec et qui est franchement nécessaire pour tous. À voir en 2022 ou n’importe quand, si vous avez envie d’admirer et de réfléchir à la fois!

source: cinoche.com



38 vues0 commentaire